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« Mon handicap est passé au second plan », Benoist Fournié, architecte technique chez Capgemini

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10/03/2010

Collaborateur de Capgemini, groupe spécialiste du conseil, des services informatiques et de l'infogérance,  Benoist Fournié s’est bien intégré à l’équipe malgré son handicap. Aveugle, l’architecte technique a été embauché en 1990 pour concevoir la partie technique de logiciels et programmes informatiques.

 

Comment s’est déroulée votre arrivée dans le groupe ?

Tout s’est passé très simplement. J’ai envoyé une lettre de motivation et un CV, et ils m’ont reçu de manière très naturelle. Je leur ai montré qu’avec l’aide de la technologie j’avais réussi à suivre des études normalement et que mon handicap ne m’empêchait pas de réaliser mon travail.

Quant à l’aménagement de mon poste, c’est moi qui leur ai dit ce qu’il me fallait. Capgemini a acheté un logiciel spécialisé qui réalise une synthèse vocale : il déchiffre et retranscrit en texte oral ce qui apparaît à l’écran. Un périphérique supplémentaire permet aussi une traduction en braille.

 

Comment vous êtes-vous intégré ?

Mon intégration s’est déroulée facilement et sans que mes collègues me posent beaucoup de questions. Ils ont vu que je pouvais faire mon travail. Ils m’ont alors très vite considéré comme un collaborateur à part entière et mon handicap est passé au second plan.

 

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Plutôt des difficultés logistiques comme lorsque mon travail implique un déplacement ou quand la communication est davantage basée sur le visuel. C’est le cas, par exemple, des présentations avec beaucoup d’images ou qui nécessitent l’utilisation d’un vidéoprojecteur. Si la démonstration n’est pas accompagnée du discours qui va avec, je ne peux pas suivre. Pour le reste, la technologie m’aide bien dans le travail de tous les jours.

 

Comment avez-vous vécu le déménagement de la Défense à Seine Étoile ?

Assez bien. J’avais demandé à être conduit dans les nouveaux locaux avant le déménagement pour commencer à prendre mes repères. L’équipe chargée de tout organiser a répondu de manière positive. Ils m’ont emmené plusieurs fois sur place. Après le changement de locaux, j’ai réalisé le trajet de chez moi au travail, trois ou quatre fois avec mes collègues avant de pouvoir le faire seul, avec mon chien. Tout le monde s’est étonné de voir à quelle vitesse je me suis habitué. Aujourd’hui, cela fait trois mois que nous y sommes et je n’ai plus de problème pour me déplacer dans l’espace.

 

Entre les deux bâtiments, lequel préférez-vous ?

Celui de Seine Etoile. Le bâtiment est plus petit et donc plus facile d’accès. J’ai juste encore quelques difficultés avec l’architecture du bâtiment, un peu complexe.

Parmi les points positifs, l’ascenseur qui annonce les étages. Cela peut paraître anodin, mais c’est un réel progrès pour moi. Lorsque vous avez un immeuble comme ceux de la Défense, il est difficile de savoir si on est au 9ème ou au 20ème. Alors que là, je sais où je suis.

 

Quel conseil donneriez-vous aux candidats en situation de handicap ?

Je leur dirais qu’il faut de la volonté et de la persévérance. Qu’ils fassent des études et n’aient pas peur de montrer leur handicap. Il faut être franc. Certes, il y a le handicap, mais il faut prouver que cela ne nous empêche pas de travailler, de vivre et de rester positif. Le jeu en vaut la chandelle.

 

Propos recueillis par Aurore Monod

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