Talent et ténacité réunis : un emploi à la clé !

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publié le 07 août 2008
Carole Monnet est une battante...

Carole Monnet est une battante...

 

 

Quelques mois seulement après l’obtention de son diplôme d’arts appliqués, elle travaille déjà dans un cabinet d’architecture d’intérieur. Sa ténacité a été plus forte que son handicap.
 
Quel parcours avez-vous suivi avant de décrocher un poste d’architecte d’intérieur ?
 
L’art a toujours été ma passion. Après l’obtention de mon baccalauréat, j’ai donc suivi un an de mise à niveau en arts appliqués à Lyon. Comme pour tous les autres élèves, cette année a été particulièrement dure, mais je me suis accrochée. J’ai ensuite été acceptée dans une prépa d’arts appliqués. Après ces deux années, j’ai suivi la formation du diplôme supérieur d’arts appliqués (DSAA), diplôme que j’ai obtenu il y a près d’un an.
 
Comment s’est déroulée votre recherche d’emploi ?
 
J’ai trouvé mon premier emploi dans un cabinet d’architecte grâce à une connaissance. Très vite, j’ai voulu changer car je souhaitais travailler dans un cabinet d’architecture d’intérieur. J’ai donc postulé à une offre dans ce secteur. Quelques mois plus tard, j’ai été recrutée dans un cabinet.
 
Quelles qualités le recruteur a t-il apprécié chez vous ?
 
Je pense que c’est ma force de caractère qui a énormément joué. Il a vu que j’étais une personne très ouverte, très motivée et compétente pour le poste. Pendant l’entretien, il n’a même pas remarqué le manque de mon avant-bras gauche.
 
Et ensuite, comment a-t-il réagi ?
 
Très bien. Il s’est vite rendu compte que ça ne posait pas de problèmes dans mon travail. En effet, j’utilise principalement des logiciels informatiques pour montrer les futurs aménagements aux clients. Ce qui me prend plus de temps, c’est la construction de maquettes. Heureusement pour moi, je ne suis pas amenée à en faire en architecture d’intérieur.
 
Avez-vous besoin d’un espace de travail particulier ?
 
Je souffre d’importants maux de dos dus au déséquilibre de mon bras. C’est en passant la visite médicale qu’une personne de Cap Emploi* m’a informée que je pouvais demander un siège spécial. Une fois qu’il a su cela, mon patron a été très coopérant. On a revu la disposition de mon plan de travail et il m’a commandé un nouveau fauteuil que je teste en ce moment. J’ai aussi une oreillette pour téléphoner, ce qui m’évite de me tordre dans tous les sens quand je dois prendre des notes.
 
Cet emploi correspond-il à vos attentes ?
 
J’aime ce métier car je rencontre beaucoup de gens. Mon côté créatif me permet également de les surprendre car je leur propose des choses originales. Les maisons, les espaces de vie et la décoration font aussi partie de ce que j’aime. Je suis fière d’en être là aujourd’hui, d’avoir terminé mes études et d’occuper un emploi qui me plaît.
 
Auriez-vous un conseil pour les candidats ?
 
Je pense que depuis quelques années, la société a beaucoup évolué. Le handicap n’est plus perçu de la même manière. Mais il est vrai qu’il faut tout de même tomber sur les bonnes personnes. Et quand on se bat, on met toutes les chances de son côté !
 
 
 
Propos recueillis par Marion Bec
 
 
 
* Cap Emploi regroupe plus d’une centaine d’organismes spécialisés, répartis sur le territoire français. Leurs services s’adressent aux personnes handicapées en recherche d’emploi.