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« Nous voulons que tous les acteurs de la société s’approprient le handicap » Patrick Gohet, président du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH)
Après sept ans passés comme délégué interministériel aux personnes handicapées, un mandat au cours duquel il fut notamment chargé de la « loi handicap » du 11 février 2005, Patrick Gohet a été nommé à la tête du CNCPH en octobre 2009. Une évolution logique pour ce chercheur de consensus.
Quel bilan tirez vous des années que vous avez passées en tant que délégué interministériel aux personnes handicapées ?
Ce sont des années qui ont été consacrées à l’élaboration de toute une nouvelle législation et réglementation. La question du handicap est très transversale donc il a fallu mettre autour d’une même table les pouvoirs publics, les associations et l’ensemble de la société civile. Je pense qu’on a obtenu un compromis de qualité entre les pouvoirs publics et la société civile, entre l’Etat et les collectivités territoriales mais aussi entre les 20 ministères signataires de la loi. Jour après jour, ça a été le travail de la délégation interministérielle : un travail de facilitateur, de médiateur, de contributeur.
Quelles sont les principales missions du CNCPH ?
Le CNCPH, qui est composé de 83 membres représentant les associations, l’Etat, les collectivités territoriales, les syndicats, le patronat et bien d’autres, a trois vocations. D’abord, il donne son avis sur les projets de décrets et d’arrêtés qui lui sont soumis. L’Etat doit nous consulter pour tout texte pris en application de la loi du 11 février 2005 mais il peut nous consulter sur tout texte susceptible d’impacter la politique du handicap. Ensuite, le CNCPH peut s’auto saisir de tout sujet et faire des propositions. Enfin, c’est un lieu de dialogue. La semaine dernière par exemple, lors de la session d’avril du CNCPH, le médiateur de la République est venu présenter la dimension handicap du travail de la médiature et cela a été l’occasion d’un débat au sein de l’assemblée.
Quels sont vos objectifs et projets sur le handicap pour les prochaines années ?
Le handicap est encore beaucoup trop regardé comme une réalité à part, qui concerne des personnes à part et qui appelle des mesures à part. Il faut qu’il devienne une véritable question de société. Si j’ai une ambition pour le CNCPH, c’est qu’il devienne un lieu exemplaire d’appropriation de la question du handicap par tous les acteurs de la société.
La route vous semble-t-elle encore longue ?
Je pense que l’application de la loi aura atteint sa vitesse de croisière une dizaine d’années après sa promulgation. On est donc à mi-parcours et oui, il y a encore énormément de travail. On a une bonne loi, de bons textes d’application et des budgets qui tiennent globalement le coup. Mais cela ne suffit pas. Il faut que la société française se rende compte que ce n’est pas seulement une question de solidarité mais aussi une réalité de la vie et que lorsque l’on fait quelque chose pour les personnes handicapées, on apporte du progrès, du mieux-être et du mieux-vivre pour tout le monde.
Propos recueillis par Fiona Collienne











